Heiner Kielholz

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Introduction

Ce mois-ci, au musée Grison des Beaux-Arts de Coire, j’ai découvert le travail du peintre Suisse Heiner Kielholz. L’artiste, qui m’était jusqu’alors inconnu, est parfois comparé à l’écrivain Robert Walser[1] : tous deux s’intéressent à la beauté simple du quotidien. J’aime beaucoup l’œuvre de Robert Walser et n’ai donc pas hésité à acheter un billet d’entrée.

Les quatre-vingt-dix œuvres exposées jusqu’au deux août prochain sont issues des quinze dernières années de travail d’Heiner Kielholz. Sont présentées à Coire des peintures à l’huile sur bois, toile ou carton, ainsi que quelques aquarelles. Ces petits formats représentent majoritairement des scènes d’intérieur et des natures mortes, mais nous y trouvons également quelques scènes d’extérieur ainsi que des panoramas de sommets montagneux.

Il est possible de classer les œuvres exposées en trois catégories : (1) natures mortes, (2) scènes d’intérieur, (3) scènes d’extérieur. Une sélection est présentée dans les diaporamas ci-dessous.

Une œuvre silencieuse

Comme dans les intérieurs de Wilhelm Hammershøi, les visages humains sont absents des tableaux exposés. Nous ne voyons pas de personnages, mais nous faisons connaissance avec des objets que nous retrouvons sur différentes toiles : un poêle à bois, un seau, un bougeoir, un linge, une chaise nous deviennent familiers.

Ces objets récurrents suggèrent un ancrage ferme dans un lieu. Notre œil s’use à force de se poser sur les éléments autour desquels il vit. Le cœur des peintures d’Heiner Kielholz réside dans une observation minutieuse du quotidien : le peintre porte son attention sur les composantes du quotidien profane. Ce quotidien perdure dans le temps. Il se répète jour après jour et s’use lentement et d’une manière invisible et imperceptible.

Lorsqu’on y fait attention, on découvre la grande richesse de la vie quotidienne. Cette transcendance humble prolonge et dépasse l’immanence des petites choses banales et élémentaires où elle se cache.

Les couleurs dominantes sont douces et naturelles : gris, noir, beige, jaune, brun. En raison des teintes utilisées, des sujets représentés et de l’ambiance générale, les tableaux d’Heiner Kielholz m’ont fait penser aux œuvres de Wilhelm Hammershoi, de Miwa Ogasawara et d’Edward Hopper. De ses tableaux se dégage une atmosphère ascétique, monacale et chaleureuse à la fois. J’ai l’impression d’y être chez moi.

Conclusion : le sacré et le prosaïque sont très proches l’un de l’autre

Ces quatre-vingt-dix petits formats, à la fois sacrés et profanes, ne révèlent pas tant une autre réalité qu’ils nous font regarder autrement la vie quotidienne. Ils mettent en évidence la beauté profonde mais simple dont elle est pénétrée quand elle est vécue avec attention et soin. Ces tableaux silencieux nous rappellent que le sacré n’est pas ailleurs qu’ici : il affleure dans les gestes ordinaires mais élémentaires, dans les objets familiers et les lieux que nous habitons chaque jour.


[1] https://ch-cultura.ch/bildende-kunst-fotografie-grafik-architektur-design/heiner-kielholz